Ape-Cemac: l’Union Européenne quitte la table des négociations

Les pays membres de la communauté économique de l’Afrique centrale tentent de trouver des arguments pour faire changer les Européens d’avis.

Les experts à la rencontre des ministres de l’économie de la zone Cemac dans la capitale économique du Cameroun avaient, à quelques exceptions près, tous la mine soucieuse. Et pour cause, la réunion devait absolument accoucher d’une liste de recommandations à soumettre à leur gouvernement qui visent à résoudre l’équation des accords de partenariat économique(Ape).

Selon Pierre Moussa, président de la commission de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, le retrait de l’Union Européenne des négociations pour un accord global entre l’Union et la Cemac ont achoppé en 2011 et en 2013 sur la réticence des pays à cerner les contours d’un tel accord.

Visiblement, cette attitude n’a pas plu à l’Union Européenne qui s’attendait à ce que l’accord passe comme une lettre à la poste à l’instar de la signature  avec le Cameroun. Par conséquent, les Européens ont quitté la table des négociations, une tactique qui vise à mettre la partie d’en face dans l’embarras et qui pourrait déboucher à une signature expresse qui ne tiendrait plus compte des détails soulevés précédemment.

Ce d’autant plus que les pays de la Cemac se sont mis une certaine pression depuis le départ des experts européens et envisagent des hypothèses de sortie de crise. On évoque par exemple la solution de se joindre à l’accord signé par le Cameroun pour bénéficier des avantages des accords.

Si on n’est pas surpris de l’attitude de l’Union européenne qui veut imposer la signature de cet accord aux pays de la zone Cemac, on comprend difficilement pourquoi le départ de l’union européenne de la table des négociations embarrasse tant les pays qui n’ont pas encore signé un accord qui a du mal à convaincre de sa capacité à apporter un plus au développement d’un pays africain.