Camair-Co cherche un dirigeant responsable

Selon des sources dignes de foi au sein de la compagnie, sauf revirement spectaculaire, le Dg de Camair-co s’est rendu en Ethiopie pour signer le contrat devant céder toute l’exploitation opérationnelle, y compris la fourniture et la réparation de toutes les pièces détachées et accessoires à Ethiopian Airlines. Des cadres y voient la braderie de Camair-co à Ethiopian Airlines, «une façon bien originale de masquer son incompétence».

Le directeur général de la compagnie aérienne, Ernest Dikoum se serait rendu, lundi dernier en Ethiopie  au moment où Paul Biya vient d’instruire une enquête à l’effet de faire l’état des arriérés de salaire du personnel à Camair-co. Ernest Dikoum s’y est rendu, apprend Le Messager  pour signer une multitude de contrats dont la fourniture  des pièces détachées et accessoires pour les avions de type Boeing 767-300 et Boeing 737-700…et négocier le détachement d’un directeur technique et d’un dirigent responsable. L’actuel directeur général de Camair-co avait en effet demandé à Ethiopian Airline de lui faire une offre de service pour gérer, en toute exclusivité, les opérations aériennes, l’exploitation, la maintenance et la logistique de la Camair-co.

Bien plus, il a également sollicité la mise à disposition par Ethiopian Airlines d’un dirigent responsable. En réponse à cette demande de service après-vente relative à une collaboration entre les deux entreprises, le directeur des opérations de la compagnie Ethiopian Airlines, avait fourni les propositions suivantes : Pour ce qui est des pièces détachées et accessoires pour les avions du type Boeing 767-300 et Boeing 737-700, « nous comprenons que Camair-co exploite actuellement un Boeing 767-300 et deux Boeing 737Ng. Les services Mro de Ethiopian sont en mesure de fournir une large gamme de services matériels personnalisables selon les besoins de Camair-co, parmi les options suivantes : gestion de tous les services d’approvisionnement en pièces détachées avions (achat des pièces et réparation) y compris le transport desdites pièces jusqu’à Douala ; réparation de toutes pièces détachées « rotables », soit selon un contrat forfaitaire à l’heure de vol, ou par des commandes ponctuelles ; un accès au stock de pièces de rechanges d’Ethiopian comprenant plus de 400 items, sur la base d’un contrat à l’heure de vol….Camair-co paiera un tarif forfaitaire pour le service », écrivait Mefsin Tasew, directeur des opérations de la Compagnie Ethiopian Airlines. A propos du détachement d’un expatrié au poste de directeur technique et d’un dirigent responsable, « nous avons déjà identifié un candidat approprié pour ce poste, sur la base d’une supposition de vos besoins », rassurait-il d’ores et déjà.

Au moment où  Paul Biya rêve d’une véritable compagnie nationale compétitive,  comment comprendre l’attitude de l’actuel Dg. Au fait de ce que depuis des années, Camair-co et Ethiopian Airline entretiennent des relations de partenariat uniquement sur la base d’un contrat de maintenance, Ernest Dikoum  veut céder toute l’exploitation opérationnelle, y compris la fourniture et la réparation de toutes les pièces détachées et accessoires à Ethiopian Airline ? Or  la finalisation d’un tel contrat relève purement et simplement de la compétence du ministre des marchés publics.

Ce qui choque plus d’un dans ce contrat avec la compagnie Ethiopienne, c’est le détachement de ce cadre qui devrait assumer la responsabilité de dirigeant responsable. Un terme compris comme «directeur général, le président directeur général… ». Selon la circulaire de l’autorité aéronautique « le dirigeant responsable est la personne acceptable par l’Autorité aéronautique qui a le pouvoir dans l’entreprise pour s’assurer que toutes les opérations et toutes les activités d’entretien peuvent être financées et mises en œuvre au niveau exigé par l’Autorité et selon toutes les exigences additionnelles définies par l’exploitant ». Ce qui veut dire que c’est l’actuel directeur de Camair-co qui devrait assumer cette fonction. Pour certains, cette attitude d’Ernest Dikoum dénote de son incompétence à assumer cette responsabilité conformément aux textes de l’Autorité aéronautique.

«Il ne peut pas être payé à coup de millions et vouloir que quelqu’un d’autre fasse son travail. Le fait de solliciter un dirigeant responsable qui aura un salaire mensuel fixe, en dollars américains, un hébergement gratuit, une voiture personnelle avec allocation de carburant, une assurance maladie, des congés annuels… est une preuve de son incompétence», concluent certains cadres sous cape.

Blaise-Pascal DASSIE (Source : Le Messager)