Camair-co: Ernest Dikoum avoue son incompétence…

Alors qu’on n’a pas encore digéré les surprises du dernier conseil extraordinaire tenu le 24 avril 2017 à Yaoundé. Voilà que surgit, une autre affaire qui alimente toutes les conversations dans les couloirs de la compagnie aérienne du Cameroun.

 A en croire certaines sources internes, c’est depuis le mois de février 2017 que le Directeur général de Camair-co a entrepris des pourparlers avec les responsables de Ethiopian Airlines « en vue d’une collaboration entre les deux structures », avons-nous été informés. Et ce, contre la volonté des administrateurs qui ont entassé des reproches sur la gestion sans méthode du Top management, qui multiplie les frasques.

Selon, nos sources, Ernest Dikoum s’est rendu ce lundi 29 mai 2017 en Ethiopie pour finaliser les négociations relatives à la réparation des deux moteurs du Dja et signer en même temps des contrats, parmi lesquels, la fourniture en exclusivité des pièces détachées et le recrutement d’un dirigeant responsable, proposé par Ethiopian Airlines et dont les charges salariales vont être supportées par Camair-co.

Ces informations sont du moins contenues dans une correspondance datée du 27 février 2017, et qui est en principe une réponse à M. Dikoum qui leur a demandé, «de lui faire une offre de service pour gérer en toute exclusivité les opérations aériennes, la maintenance, l’exploitation et la logistique de la Camair-co – la mise à la disposition par Ethiopian Airlines d’un dirigeant responsable», peut-on lire dans cette note signée par Mesfin Tasew, directeur des opérations.

Et du coup, les langues se délient au regard de la nature et surtout de l’immensité de la demande du Directeur général de Camair-co. Pour certains cadres de la maison, «c’est carrément étonnant qu’un responsable de ce niveau, décide de laisser sans façon, la gestion d’une partie aussi sensible des activités de l’entreprise entre les mains des étrangers et des concurrents de surcroit. On peut questionner la compétence du Directeur général», entend-on dans les couloirs des bureaux à la direction générale de la compagnie.

Puisque nous parlons de la demande de service, il faut relever que 2 points majeurs sont consignés. Comme nous l’avions dit plus haut, le premier porte sur les pièces détachées et accessoires pour les avions de type Boeing 767-300 et 737-700. Ici «Les services MRO de Ethiopian sont à mesure de fournir une large gamme de services matériels personnalisables selon les besoins de Camair-co », lit-on avec des options bien précisées comme entre autres « la gestion de la planification des approvisionnements en pièces détachées et des magasins et stocks de Camair-co, la mise à disposition d’un stock des pièces détachées en consignation à Douala. Ethiopian peut investir dans l’acquisition de ces pièces et dans le positionnement de celles-ci à Douala. Camair-co payera un tarif forfaitaire mensuel pour le service…»

Le hic

Le deuxième point parle de détachement d’un directeur technique et d’un dirigeant responsable. Ici, encore, Ernest Dikoum étale toute la faiblesse du Cameroun et ses décideurs sur le choix des hommes dans les postes qui nécessitent de vraies compétences. La réponse de Mesfin Tasew est une parfaite illustration. «Nous avons déjà identifié un candidat approprié pour ce poste, sur la base d’une supposition de vos besoins. Cependant, afin de nous assurer que la personne identifiée est la mieux adaptée pour le poste, vous voudrez bien nous envoyer la fiche de poste ou les responsabilités du Directeur technique…», écrit-il en posant des préalables : « si Camair-co est satisfaite des qualifications du candidat proposé, nous vous présenterons alors nos propositions pour son traitement salarial. Sa rémunération comprend généralement les éléments suivants : Salaire mensuel fixe en Dollars américains, hébergement gratuit, voiture personnelle avec allocation carburant, assurance maladie, congés annuels…. »

Pour Madiba Moulango, expert en gestion de ressources humaines, « l’attitude de monsieur Ernest Dikoum, traduit à suffisance son incompétence et met en mal l’image du Cameroun qui, en 2017, est encore dupé par certains compatriotes qui ne savent jamais reconnaitre leurs limites. Que fait donc ce monsieur là-bas s’il est incapable d’exploiter une compagnie aérienne ? Donner la direction de l’exploitation à un concurrent, c’est vendre Camair-co et rien d’autre. Et pourquoi doit-on donner un contrat d’exclusivité comme on entend dire?», déclare-t-il.

La circulaire n° 000448/CCAA/DNA/SDNA/ETA de l’Autorité aéronautique (Ccaa) du 22 août 2006 relative au système de qualité, adressée aux exploitants qui emploient plus de 20 personnes, vient donner un élément de réponse aux interrogations que suscite la démarche du Dg. Dans son paragraphe 2.2.2 portant sur la politique qualité, il est écrit «le Dirigeant responsable est le maillon essentiel de l’encadrement du détenteur du C.T.A. Le terme « le Dirigeant responsable » signifie le directeur général, le président, le président directeur général, etc. de l’organisme exploitant, qui en vertu de sa position, a la responsabilité globale (y compris financière) de la gestion de l’organisme », lit-on et impossible de rencontrer monsieur le Directeur général de Camair-co, infranchissable en tout cas malgré toutes nos tentatives.

La colère est muette au sein de la compagnie aérienne où le doute est immense sur parcours de M. Dikoum « il nous a mentis sur sa compétence dans l’aviation civile et cela le rattrape tout simplement…du simplement commercial on l’a propulsé au rang du Directeur général très soutenu par le ministre des transports. Maintenant il veut vendre la société comme si, les camerounais ne valent rien. Que fait-il donc pour gagner 17 millions Fcfa par mois au point de chercher un directeur technique», murmure-t-on partout dans les couloirs de Camair-co à Douala.

Alphonse Jènè (Source : La Nouvelle Expression)