Camair-Co: Les masques tombent

Le 22 août 2016, Edgar Alain Mebe Ngo’o introduit Ernest Dikoum, porté à la tête de la Camair-Co, comme l’homme de la relance de la compagnie nationale aérienne. Le ministre des Transports ne tarit pas d’éloges à l’endroit du nouveau promu. Pur produit d’Emirates, Ernest Dikoum est présenté comme un manager expérimenté qui va faire de Camair-Co une compagnie de référence à l’instar d’Ethiopians Airlines, South African Airways, Rwand’Air, et autres. Edgar Alain Mebe Ngo’o rappelle au passage que le nouveau Dg hérite d’une compagnie qui a, à son actif un excellent plan de relance concocté par les experts de la firme américaine Boeing et validé par le Chef d’Etat après un travail de titan abattu par ses prédécesseurs. Lequel plan a fait rêver plus d’un Camerounais, convaincu de voir enfin le Cameroun avoir une compagnie aérienne digne de ce nom. Et pourtant… Enquête

1- BIOGRAPHIE

Qui est Ernest Dikoum ?

Ernest Dikoum

Son parcours académique et professionnel flou révèle la vraie identité du nouveau Directeur général de Camair-Co. Après bientôt huit mois de gestion d’Ernest Dikoum, le rêve des Camerounais s’est transformé en cauchemar. Camair-Co ne s’est jamais autant mal porté depuis sa création. A la place de la relance, Camair-Co fonce droit vers la faillite. Tous les indicateurs de la compagnie sont en plein dans le rouge.

Les actes de gestion posés au quotidien par Ernest Dikoum n’ont jamais rassuré le personnel, encore moins les membres du conseil d’administration. Ce d’autant plus que la mise en œuvre du plan de relance pour laquelle il a été nommé, après avoir été reléguée aux calendes grecques, après moults balbutiements, réapparait aujourd’hui, curieusement amputée des dessertes de Dubaï et Guangzhou, destinations pouvant gêner Emirates.

Depuis quelques temps, les langues se sont déliées tant au sein du conseil d’administration que dans les couloirs de la compagnie, pour qualifier sans aucune gêne, Ernest Dikoum d’incompétent invétéré et dangereux, de bluffeur, voire d’imposteur. Avant sa nomination, Ernest Dikoum s’était présenté comme un Camerounais. Il indiquera d’ailleurs aux employés au cours de la première réunion de prise de contact qu’il était un vrai Bassa, avec tout ce que cela comporte comme traits de caractères. Pourtant, dans le but de revendiquer le statut de dirigeant expatrié et de bénéficier du traitement salarial réservé à cette catégorie de dirigeants, Ernest Dikoum a brandi un passeport américain pendant la négociation de son contrat.

Après moult tractations et discussions, le conseil d’administration a finalement cédé en alignant son salaire à celui du dernier dirigeant expatrié à la tête de la compagnie. Ernest Dikoum s’en sort ainsi avec un traitement mensuel, indemnités de logement comprises, d’environ 17 millions de Fcfa, là où ses prédécesseurs camerounais, Frédéric Mbotto Edimo et Jean-Paul Nana Sandjo recevaient 9 millions de Fcfa.

Ce n’est pas tout. Avant sa nomination, Ernest Dikoum avait brandi un Curriculum Vitae tellement étoffé qu’il a ébloui plus d’une personne. Seulement, pour les besoins de la finalisation de son contrat de travail, le Conseil d’Administration lui demande depuis plusieurs mois de présenter les originaux de ses diplômes. Rien n’y fait, le nouveau Dg se fait toujours attendre. Et du coup, les membres du Conseil d’Administration s’interrogent sur l’existence même des diplômes prétendus et par conséquent sur la véracité même des informations contenues dans ce curriculum vitae.

Certains administrateurs, sérieusement agacés par la navigation à vue du nouveau Dg, lui ont crûment et vertement fait savoir au cours d’une des sessions, devenues houleuses du conseil d’administration, qu’il ne comprenait rien à la gestion d’une compagnie aérienne. Ceci s’est d’ailleurs confirmé à leurs yeux par le fait qu’Ernest Dikoum, à plusieurs reprises, a sollicité le concours du ministre des Marchés Publics, Abba Sadou, pour l’aider à assimiler le code des marchés publics et comprendre les méandres des diverses procédures de passation des marchés publics, que pourtant tout gestionnaire de la chose publique est sensé parfaitement maitriser.

2- CURRICULUM VITAE

Parcours académique sujet à caution

Les administrateurs de Camair-Co ne sont pas les seuls à émettre de sérieux doutes sur le contenu du curriculum vitae d’Ernest Dikoum. Sur la toile, Raul Yondo, (www.facebook.com/yondo.raul), un internaute visiblement intrigué par le parcours d’Ernest Dikoum après avoir vérifié et analysé son Curriculum Vitae et son passé professionnel a certainement découvert le vrai visage d’Ernest Dikoum. Lisez plutôt ce que Raul Yondo a publié sur son mur facebook :

« Ayant fait face à tout ce flou sur son passé académique, nous nous sommes dit qu’il valait peut-être mieux faire fi de tout cela et de s’intéresser plus à son passé et présent professionnel. Mais là aussi, nous trouvâmes des infos assez intéressantes.
Une biographie dédiée à notre Dg nous a paru assez intéressante (voir le lien : http://atangana-eteme-emeran.org/cameroun-biographie-de-er…/). Sur ce lien, on y lit que l’Institut Spécial de Tourisme où prétend avoir été le sieur Dikoum sur Linkedln devient l’Ecole de Tourisme de Rabat au Maroc. On y lit aussi et je cite : « en 1996, il se spécialise dans le domaine de la gestion des bases de données », ce qui n’est nullement mentionné dans son profil Linkedln. Bien plus, il y a quelque chose qui cloche dans ce profil Linkedln. Entre 1992 et 1998, année durant laquelle il est recruté chez Icelandair (selon son profil Linkedln), où était passé le sieur Dikoum ? Mystère et boule de gomme !!!.

Est-ce toujours avec sa formation diplômante présumée en Tourisme (niveau Bacc+3) qu’il est engagé 6 ANS PLUS TARD (sans traçabilité d’une quelque expérience professionnelle) chez Icelandair comme Senior Pricing Analyst ? (Senior sous-tend qu’il a été un simple pricing analyst à un moment donné dans sa carrière, mais où donc et quand ?). Bien évidemment, cette biographie d’Atangana Eteme Emeran ne nous parle pas de son expérience à Icelandair. Pire, elle l’enfonce concernant son expérience chez Emirates. Il est écrit et je cite : « Il a fait ses classes à l’Emirates Aviation College au sortir duquel il s’engage au sein d’Emirate ». Mais son profil Linkedln nous dit toute autre chose. Il serait rentré chez Emirates en 2004 (comme Pricing Analysis Superintendent – Americas), 5 ans avant son MBA (si jamais il l’a) en logistics & Supply chain fait à temps partiel et débuté en 2009. Bizarre bizarre !!! Pour conclure tout ce cirque, nos investigations nous ont permis de découvrir les choses suivantes :

– Le monde de l’aéronautique et de l’aviation étant un monde assez exigu, où l’on a de grandes chances de connaître pas mal de monde, le hasard a voulu que nous connaissions un cadre dirigeant d’Icelandair avec qui nous fîmes nos études. Et Bingo, le sieur Dikoum est inconnu de la base des données d’Icelandair North America comme Senior Pricing Analyst.
– L’une des questions qui nous taraudent l’esprit évidemment était celle de savoir comment le sieur Dikoum rentre chez Emirates. Réponse trouvée : comme Service Desk Agent à l’Aéroport de Washington Dulles… de fil en aiguille et en bon opportuniste, il gravit quelques échelons au point d’opter pour une «solution facile» à mi-carrière, à savoir, faire du business development dans une zone à faible potentiel et intérêt pour Emirates, l’Afrique Subsaharienne… une pseudo retraite pour ceux qui s’y connaissent dans le transport aérien. Mystère et boule de gomme !!!».

Voilà donc Ernest Dikoum présenté par Edgar Alain Mebe Ngo’o comme l’oiseau rare capable de mettre en œuvre le plan de Boeing Consulting destiné à la relance de la Camair-Co.

3- MÉSAVENTURE

Le Dg de Camair-Co chassé du Maroc

Par ailleurs, il se raconte également qu’Ernest Dikoum aurait été expulsé du Maroc à la suite d’une opération de Feymania qui aurait mal tourné, avant de s’installer aux Etats-Unis où il sera, tour à tour, agent de comptoir chez Icelandair, puis agent d’escale pour Emirates à l’aéroport de Baltimore dans le Maryland aux Etats-Unis, pour enfin être affecté comme chef d’escale de cette compagnie à Dakar. C’est donc avec ce maigre parcours qu’il va atterrir comme Dg de Camair-Co. Ce n’est donc pas surprenant qu’il n’ait aucune connaissance dans la gestion d’une entreprise, la seule expérience professionnelle à son actif dans ce domaine serait la gestion de son restaurant à Dakar.

C’est sans doute à cause de ses carences en management qu’il confond les pouvoirs dévolus à la tutelle et ceux attribués au conseil d’administration, puisque tout cela semble lui être étranger ! Ernest Dikoum a pris un grand risque dans ce jeu de dissimulation de sa personnalité, ce d’autant plus que les manquements et les violations qui lui sont reprochés actuellement par le conseil d’administration peuvent l’amener tout droit à Kondengui. Il risque ainsi sa liberté sans même s’en rendre compte. Peut-être qu’il compte sur sa nationalité américaine pour s’extirper le moment venu !

Ses tâtonnements à la tête de la compagnie aérienne nationale démontrent à suffisance qu’il n’a pas les compétences nécessaires pour gérer une compagnie aérienne de premier rang telle que Camair-Co pour laquelle le Directeur général, dirigeant responsable d’office, au-delà des prérequis de gestion d’une société à capitaux publics, doit avoir une parfaite connaissance des questions liées aux opérations aériennes, à l’exploitation, aux formations règlementaires, à la sécurité, à la qualité, à la maintenance des avions, et surtout un réseau relationnel solide dans le monde très fermé de l’aéronautique civile.

Près de huit mois après la nomination d’Ernest Dikoum, et malgré une subvention d’environ 23 milliards de Fcfa déjà débloquée à ce jour par l’Etat, on s’achemine inéluctablement vers la faillite de la Camair-Co qui avait pourtant des beaux jours devant elle. Quel gâchis !

4- MANAGEMENT

Ce que le Conseil d’Administration reproche à Ernest Dikoum

Un avion Camair-co

Les administrateurs de la compagnie aérienne nationale sont convoqués le 13 avril prochain pour statuer sur les actes de gestion délictueux du Directeur général de Camair-Co. Des sanctions en vue. On se rappelle encore du sourire complice partagé le 22 août 2016 entre le nouveau Directeur général de Camair-Co et le Président du Conseil d’administration. C’était lors de leur installation à la tête de la compagnie aérienne nationale. L’image captée n’est pas passée inaperçue. Certains observateurs ont même indiqué que cette entente parfaite entre Ernest Dikoum et Mefiro Oumarou augure d’un avenir radieux de la Camair-Co. Pourtant, cette idylle encensée par le ministre des Transports n’a duré que le temps des flashs de photographes. Quelques semaines plus tard, le Directeur général de Camair-Co, en violation de la réglementation en vigueur, se démarque en posant un certain nombre d’actes de gestion qui pourtant relèvent de la compétence du conseil d’administration sans se référer audit conseil.

Ernest Dikoum ne se cache plus aujourd’hui pour montrer qu’il n’écoute que Edgar Alain Mebe Ngo’o qui l’a présenté comme l’oiseau rare capable de relancer la compagnie aérienne nationale. Le Dg de Camair-co obéit plus à la tutelle technique qu’à la hiérarchie de la compagnie représentée par le Président du conseil d’administration. A plusieurs reprises, Ernest Dikoum fait étalage d’insubordination caractérisée à l’égard de Mefiro Oumarou. Bien plus, il ne respecte ni la règlementation qui régie les établissements publics encore moins les règles prescrites par les statuts de la Camair-Co. C’est fort de ces manquements que le Président du Conseil d’administration a convoqué le 13 avril 2017 un conseil d’administration extraordinaire pour statuer sur le sort à réserver aux différents manquements du Directeur Général de la compagnie aérienne nationale.

Le Conseil d’Administration s’appuie sur l’article 49 de la loi n° 99/016 du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic ainsi que sur l’article 33 des Statuts de la Camair-Co pour motiver sa convocation. Ces deux articles stipulent ensemble que «le directeur général est responsable devant le conseil d’administration qui peut le sanctionner en cas de faute grave de gestion ou de comportement susceptible de nuire à la bonne marche ou à l’image de l’entreprise. A cet effet, le président du conseil d’administration est tenu de convoquer une séance extraordinaire au cours de laquelle le directeur général est entendu. Le conseil peut prononcer à son encontre l’une des sanctions suivantes :

– la suspension de certains de ses pouvoirs ; – la suspension de ses fonctions avec effet immédiat pour une durée limitée ; – la révocation. La session extraordinaire ne peut valablement siéger qu’en présence des deux tiers (2/3) au moins des membres du conseil d’administration. La représentation n’est pas admise dans ce cas. Les décisions sont prises : – à l’unanimité des membres présents en cas de révocation ; – à la majorité des deux tiers (2/3) pour les autres sanctions. En cas de suspension des fonctions, le conseil d’administration prend les dispositions nécessaires pour assurer la bonne marche de l’entreprise. Les décisions sont transmises pour information au ministre de tutelle technique et au ministre chargé des finances par le président du conseil d’administration.»

Au juste, qu’est-ce que le conseil d’administration reproche exactement à Ernest Dikoum ? Les informations recueillies à bonne source parlent d’insubordination notoire vis-à-vis du PCA, du refus d’exécuter les résolutions du conseil d’administration et surtout de l’implémentation de mesures relevant du conseil qu’il met en œuvre sans le consulter, d’autre part. A titre d’illustration, nous vous livrons ci-dessous quelques points non exhaustifs des reproches du conseil d’administration au directeur général :

Avances sur salaire sans autorisation du Conseil d’administration. Ernest Dikoum, selon nos sources, se serait octroyé pas moins de 60 millions de Fcfa d’avances sur salaire sans l’autorisation ni du conseil d’administration encore moins de son président. Cette violation est si grave qu’elle pourrait mener Ernest Dikoum droit au Tribunal criminel spécial sans passer par le Contrôle de discipline budgétaire et financier du Consupe. En effet, une avance sur salaire est un crédit dont l’octroi est réglementé. Tels que mentionnés dans les règlements généraux de Camair-co, les avances sur salaire accordées au personnel sont autorisées par le Directeur général tandis que celles octroyées au Directeur général relèvent de la compétence du conseil d’administration. Ernest Dikoum, en violation de ces textes, ne s’est pas gêné pour s’octroyer, nous disent nos sources, jusqu’à 60 millions de Fcfa d’avances sur salaire sans autorisation, pendant que les employés déplorent des retards de salaires. Les administrateurs informés de ce manquement grave, n’avaient d’autre choix que de convoquer le Directeur général de Camair-Co pour qu’il s’explique sur cette violation de la règlementation.

Missions effectuées et payées sans autorisation du Pca. Les multiples déplacements du Directeur général constituent l’une des principales pommes de discorde entre le Dg et le PCA. En effet, depuis sa nomination, Ernest Dikoum a passé les deux tiers du temps hors du Cameroun tantôt à Dakar où sa famille est encore installée pendant que lui-même, après huit mois, est toujours logé dans un des hôtels de la ville, tantôt en mission dont la plupart ne sont pas couvertes par un ordre de mission. Il est même arrivé que malgré le refus formel par écrit du PCA, Ernest Dikoum ne s’est pas empêché de se mettre en mission, billet d’avion et frais de mission payés par la Camair-co. Le montant des frais de missions effectuées sans ordres de missions signées en bonne et due forme par le PCA s’élèveraient, nous a-t-on dit, à environ 50 millions de Fcfa. Ce montant pourrait être porté à 80 millions de Fcfa si on ajoute les billets d’avion. L’ordre de mission est la pièce comptable qui autorise les décaissements liés aux missions. Selon nos informations, le Directeur général de Camair-Co s’appuierait sur l’autorisation de sortie délivrée par le Ministre des transports pour effectuer ses missions. Malheureusement, les autorisations de sortie du ministre ne sont pas des pièces comptables susceptibles d’autoriser un décaissement. La colère des administrateurs provient du fait que cette insubordination notoire et inacceptable du Directeur général crée un préjudice financier à la Camair-co.

Mise en œuvre d’un organigramme non approuvé par le Conseil d’administration. L’article 29 des Statuts de Camair-Co définit les pouvoirs du conseil d’administration. En son alinéa 1, le conseil d’administration a entre autres pouvoirs «d’adopter l’organigramme, le règlement intérieur, la grille des rémunérations et des avantages des personnels qui sont préparés par le Directeur général.» Lors du dernier conseil d’administration de la Camair-Co, Ernest Dikoum a soumis aux administrateurs un organigramme qui a été rejeté. Le conseil a créé un comité qui devait assister la direction générale dans la mise en forme dudit organigramme. Non content, le Directeur général de Camair-Co a passé outre cette décision du Conseil, publié son organigramme et nommé des responsables aux postes prévus dans cet organigramme pourtant non validé. Informé, le Président du conseil d’administration l’a rappelé à l’ordre en lui demandant, par écrit, d’annuler ces nominations qui ne doivent être faites qu’après l’approbation du nouvel organigramme. Ernest Dikoum a ignoré les instructions du Pca et a continué à procéder aux nominations. Il s’agit ici, d’une violation flagrante de l’article 29 des Statuts de la Camair-Co, et de l’article 49 (d) de la loi N°99/016 du 22 décembre 1999.

Gestion à l’emporte-pièce de la maintenance des avions. La cannibalisation des avions Camair-Co est devenue un sport favori sous l’ère Dikoum. Depuis l’arrivée du nouveau Dg à la tête de la compagnie aérienne nationale, 3 des 5 avions qui constituent la flotte de la Camair-Co sont cloués au sol et servent de magasin de pièces de rechange aux 2 aéronefs en activité. Le croisement des pièces entre deux avions est strictement encadré par les constructeurs qui interdisent systématiquement d’en faire un mode de gestion de la maintenance. Cette pratique, quand elle devient répétitive, constitue un réel danger pour les passagers de la compagnie. Etant donné qu’en cas d’accident, ces manquements peuvent être relevés par les experts des bureaux d’enquêtes et d’analyses pour jeter le discrédit sur la maintenance des aéronefs, et les assureurs peuvent s’y accrocher pour renoncer à la prise en charge de l’accident.
Cette pratique est d’autant plus dangereuse qu’elle ne s’arrête pas seulement au mouvement de pièces d’un aéronef vers un autre. Plus grave, elle concerne plus d’une dizaine d’équipements allant des ordinateurs de bords aux modules avioniques. Le sort actuellement réservé aux avions de la Camair-Co est la résultante du refus catégorique du nouveau Directeur général à négocier avec les fournisseurs traditionnels des pièces détachées de la compagnie. Cette gestion approximative de la maintenance des avions de la Camair-Co serait l’un des principaux points sur lesquels les administrateurs exigent des explications.

Insubordination caractérisée. Face à tous ces actes d’insoumissions caractérisés vis-à-vis du conseil d’administration et de son président, qui ont atteint des proportions alarmantes ces derniers temps, les administrateurs de la compagnie aérienne nationale ont décidé de convoquer une session extraordinaire, en application de l’article 33 des statuts de Camair-co, et 49 de la loi de 99, pour que le directeur général s’explique sur autant de manquements graves. Vont-ils restaurer les pouvoirs du conseil d’administration ou continuer à laisser pourrir cette situation ? Just wait and see…

Source : L’indépendant