Camair-co: Polémique sur les compétences du Dg

Les espoirs et les joies du 22 août 2016 laissent de plus le désespoir et l’amertume sur les visages des employés et certains techniciens de l’aviation civile au Cameroun qui soutiennent à tort ou à raison que l’avion Camair-co est sans pilote qualifié.

Un groupe du personnel rencontré il y a quelques jours, fait une analyse sans complaisance de la situation que traverse cette compagnie aérienne, 6 mois après le changement du Top Management, dont les mérites ont été bien vantés par Alain Mebe Ngo’o lors de la prise de fonction. De la bouche de certains cadres de la compagnie aérienne, nous apprenons que « la situation financière et l’organisation de la compagnie s’est considérablement détériorée. Le chiffre d’affaire mensuel oscille autour de 200 millions Fcfa contre 2,5 milliards réalisés par les prédécesseurs de M. Dikoum», nous explique-t-on.

A la direction commerciale, la crainte est plus accentuée. L’on nous informe de la «fermeture de la ligne Douala-Paris qui pourtant assure 70% du chiffre d’affaire – la fermeture des destinations comme Lagos, Malabo, Kinshasa et Abidjan – des escales de Ndjamena, Brazzaville, Cotonou et Libreville», nous explique-t-on là-bas avec cette autre révélation : «une délation vient de séjourner à Riyad en Arabie Saoudite pour l’octroi de la 5è liberté qui va permettre aux compagnies comme Fly Emirates de transporter les passagers des pays de la sous région Afrique centrale à destination de Dubaï. La même compagnie aérienne va assurer éventuellement les lignes Douala-Lagos- Douala, Douala-Libreville, Douala-Ndjamena-Douala.»

Dans les couloirs de la direction de la maintenance, les statistiques font tout simplement peur : «2 sur 5 avions que compte la flotte de notre compagnie sont en service. Tous les autres avions sont cloués au sol à l’instar du Boeing 676-300 Er (le Dja), du Boeing 737 Qcb, du MA60, Qdb qui sert de magasin de pièces de rechange », avons-nous appris.

Doutes sur les diplômes du Dg

Et du coup surgit donc une autre vive polémique sur le cursus academique réel du nouveau Dg, Ernest Dikoum. Des informations circulant sous cape, bien alimentées par certains membres du conseil d’administration qui parlent même du «Bluff». «L’actuel directeur général, avant sa nomination, s’est présenté comme citoyens Camerounais, mais au moment de la signature de son contrat, a présenté le passeport américain, en revendiquant le statut d’expatrié, exigeant même un traitement salarial réservé à cette catégorie de dirigeants. Le conseil d’administrations à tout simplement cédé en lui octroyant un salaire mensuel de 17 millions Fcfa contre 9 millions Fcfa pour Frédéric Mbotto Edimo et Jean Paul Nana Sandjo», nous révèle une source bien introduite dans le conseil d’administration.

Une autre au ministère des transports révèle aussi : «avant sa nomination, Ernest Dikoum avait brandi un Cv qui a ébloui tout le monde. Mais au moment de finaliser son contrat de travail, il a été demandé de présenter les originaux les originaux des diplômes. On l’attend toujours. Certains membres du conseil d’administration sont plongés dans le doute quant à la véracité des compétences contenues dans le curriculum Vitae», nous informe un haut fonctionnaire.

La dernière information parvenue il y a quelques jours, à en croire notre informateur, un document detaillé relatant l’ambiguité du parcours de M. Dikoum mise non seulement à la disposition de la haute hiérarchie, mais aussi circule dans les couloirs de la direction générale de Camair-co, et même dans les reseaux sociaux avec des révélations fracassantes.
Pour la presque totalité des employés, «Ernest Dikoum a menti sur son compétence dans l’aviation civile et cela l’a rattrapé tout simplement…et c’est cela l’oiseau rare qui nous a été présentés par Mebe Ngo’o», entend-on ci et là dans les couloirs de Camair-co où nous nous sommes rendus pour recueillir l’avis du directeur général sur cette situation. Reçu par les responsables de la communication, il nous a été répondu que « le directeur général a dit n’avoir aucun commentaire à faire sur ce qui se dit… »

En quittant les bureaux, nous apprenions l’annulation ce mercredi 15 mars 2017 du vol MA 60, le seul en activité et qui partant de Yaoundé pour Bafoussam, à cause d’une panne technique. Les passagers ont été invités plutôt ce vendredi pour les modalités de voyage, du moins pour ceux qui seraient encore intéressés. A la date d’aujourd’hui, un seul avion reste en état de circulation. « Un Boeing 737 », avons-nous appris. Affaire à suivre.
Source : La nouvelle expression