Crise anglophone : Le miracle n’a pas eu lieu le 10 février

Dans son très attendu discours à la jeunesse, Paul Biya à plutôt félicité les syndicats d’enseignants anglophones qui ont levé le mot d’ordre de grève et réitéré l’offensive du gouvernement contre les «extrémistes».

Les sorties de Paul Biya focalisent particulièrement des attentions depuis le début de la crise anglophone, en novembre 2016, marquée par la grève des enseignants et des avocats dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est qu’une partie de l’opinion est convaincu que le Président de la République détient la solution définitive au problème anglophone.

Après son discours de fin d’année au cours duquel Paul Biya a notamment qualifié certains leaders de contestation d’extrémistes, la fête de la jeunesse offrait une nouvelle opportunité pour entendre la position du gouvernement.

Seulement, le miracle tant attendu par une certaine opinion ne s’est pas produit puisque Paul Biya est resté camper à quelques exceptions près sur sa position, c’est-à-dire la guerre aux fauteurs de trouble, l’ouverture du dialogue par le gouvernement et l’appel à l’unité. Toutefois, le Président de la République a félicité ceux des syndicats d’enseignants anglophones qui ont levé le mot d’ordre de grève.

Avant cette allocution intervenue à la veille de la célébration de la fête de la jeunesse, certains s’attendaient à ce que le Président annonce la libération des personnes arrêtées à Bamenda qui sont accusés de profanation des symboles de la République et de destruction des édifices publics. En guise de réponse, c’est un chef d’Etat qui a annoncé d’un ton ferme que la justice qui se penche actuellement sur ces cas va poursuivre son cours normal.

Au demeurant, le discours à la jeunesse au-delà de l’exaltation des exploits des Lions indomptables de football a laissé un goût amer à celles des personnes qui s’attendaient à des annonces fortes et spectaculaires en direction des régions anglophones en crise.