Joseph Antoine Bell : le cartésien qui fait fausse route

L’ancien gardien de but des Lions Indomptables s’est encore fourvoyé sur ses analyses prétendues scientifiques au sujet des Lions Indomptables.

Habitué des grandes déclarations à la veille ou pendant les grands évènements sportifs, Joseph Antoine Bell, s’est illustré une fois de plus par des déclarations peu mesurées dont il en a l’habitude. La dernière annonce est celle faite à la veille du match Cameroun-Sénégal comptant pour les quarts de finale dans laquelle l’ancien gardien de buts des Lions Indomptables avait donné le Sénégal vainqueur. Une posture qui ne dérange pas.

Car, en tant que analyste de football qui officie pour plusieurs médias étrangers, l’ancien capitaine de l’équipe nationale du Cameroun est libre de donner son avis, même si celui-ci n’est pas de nature à être accommodant et à plaire à certaines personnes. Sauf que, le consultant de Rfi pour la Can 2017, dans ses commentaires, a poussé le bouchon très loin. Bien qu’étant formel que le Cameroun ne peut pas battre le Sénégal, il a estimé que le Cameroun a atteint son objectif d’atteindre les quarts de finale.

C’était donc le moment pour les joueurs de l’équipe nationale du Cameroun de plier joyeusement leurs bagages pour renter au pays, pretendait-il. Etait-il dans la tête des joueurs camerounais ou avait-t-il reçu les confidences de ces derniers avant match qui lui donnaient les limites qu’ils se sont fixés ?

De toute façon, Bell nous a habituées à des « sorties » imprudentes même quand il était encore en activité comme joueur. Sa plus grosse bourde, on s’en souvient, a été à la veille de la coupe du monde de 1990 au cours de laquelle le Cameroun devient la première équipe africaine à accéder en quart de finale.

Gardien philosophe

Celui que la presse française de l’époque avait qualifié de « gardien philosophe » pour sa capacité à avoir toujours à redire et surtout à dire quelque chose et son contraire, avait jugé que le Cameroun irait faire de la figuration. Pour l’ancien capitaine des Lions indomptables, c’était trop rêvé de penser gagner l’Argentine. Une posture de défaitiste qui a poussé les dirigeants du football camerounais de l’époque de l’écarter du groupe et de le remplacer à quelques heures du match sur la liste des joueurs devant disputer la rencontre par Thomas Nkono.
Une décision qui a fait des remous dans l’opinion mais jugée régalienne par tous les experts en stratégie. En effet, on ne peut pas être un leader du groupe sur lequel tous les coéquipiers ont le regard et être celui-là même qui entame le moral de la troupe par les déclarations décourageantes à la veille d’une joute aussi importante, s’accordaient tous à dire. En stratégie militaire, ça se paye cash. Un élément aussi important sensé diriger la troupe qui recule alors que celle-ci avance, est abattu. Il revient aux autres de poursuivre le combat avec un moral haut. J. A. Bell en a eu donc à ses dépens. Il a fallu l’intervention de ses coéquipiers pour qu’il soit maintenu dans le groupe et bénéficier des avantages dont avaient droit le reste de l’équipe.
Mais cela a-t-il permis à Jojo d’être prudent quand il s’agit de faire les analyses en ce qui concerne le football ? Au vu des récentes déclarations faites à la veille du match Cameroun–Sénégal, on en n’est pas sûr. L’ancien Lion Indomptable n’est certainement pas un joueur de pari-foot pour mesurer le stress dû aux aléas du football subit au quotidien par les amateurs de ce jeu. Mais en tant sportif du haut niveau qu’il a été, il doit le savoir. A moins, pour lui, d’avoir d’autres visées cachées ou de vouloir tout simplement plaire et d’être vu.