Sécurité, électricité, eau… Le nouveau visage du marché central de Douala

Les conditions de vie des commerçants du principal marché de la capitale économique ont été considérablement améliorées sous l’impulsion du délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala. 

«Je suis entrée ici en courant presque parce que je ne pouvais plus supporter. J’avais une appréhension sur la qualité des installations étant donné que c’est la première fois je m’y rendais. Mais, je suis impressionnée de voir que les toilettes sont bien entretenues. Il n y a pas d’odeur nauséabonde », confie une dame dans la quarantaine. Près des boutiques collées les unes aux autres, les toilettes connaissent un ballet incessant de personnes voulant se mettre à l’aise. A ce niveau, le dispositif d’accueil chasse rapidement les mauvais souvenirs des latrines répugnantes du passé. Plusieurs plis de papiers hygiéniques sont disposés sur une table à l’entrée. Un jeune homme, le sourire en coin, dirige l’usager vers une salle carrelée où l’on retrouve des bouilloires, des fûts géants remplis d’eau près du matériel d’entretien, des tuyaux reliés aux robinets pour recueillir le précieux liquide.

L’eau potable coule à flots!

A l’entrée de l’imposant bâtiment du marché central cet après-midi, un groupe de jeunes hommes alimente les commentaires près de leurs pousse-pousse toutes roues en l’air. «Quand on ne travaille pas, on range nos pousse-pousse pour permettre aux gens de se rendre librement à l’étage», indique l’air amusé Philippe, un pousseur. «Les choses ont beaucoup changé. Avant, les couloirs étaient bloqués par des marchandises. La nouvelle équipe fait un bon travail. On circule librement». Les couloirs libérés ne facilitent pas seulement les mouvements des personnes. Ils permettent également d’apprécier les marchandises à perte de vue.

Le principal marché de la capitale économique affiche un visage reluisant que commerçants et usagers apprécient avec satisfaction. Pourtant, les avis n’ont pas toujours été autant unanimes sur les conditions de vie dans ce marché. Et pour cause, les anciens gestionnaires faisaient peu cas de l’hygiène, de la salubrité et de la sécurité dans cet espace commercial. Conséquence, certaines associations de commerçants se débrouillaient comme elles pouvaient pour y mettre par exemple de la propreté. Autant de choses qui ont poussé le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala à frapper le poing sur la table pour préserver ce fleuron de la ville. Dr Fritz Ntone Ntone a jété son dévolu sur Bernard Yankam, comme coordinateur des activités internes du marché central, pour atteindre son objectif. Bernard Yankam, faut-il le rappeler, s’était déjà illustré positivement auprès des commerçants à travers une association dont il tenait les rênes et qui avait à maintes reprises organisé des journées de propreté au sein du marché.

ça brille partout!

Si le choix porté sur ce commerçant par le délégué du gouvernement arrangeait la majorité de ses collègues, Bernard Yankam était attendu au pied du mur pour prouver qu’il mérite la confiance du Dr Fritz Ntone Ntone.  Après quelques années de coordination de ses activités internes, le marché central respire l’air pur. «Mon frère, on souffrait avec le phénomène de vols. Tu fermes bien ta boutique le soir et le matin, tu trouves que les bandits sont rentrés par le toit du marché pour soutirer tout », raconte un commerçant qui a été victime à deux reprises des coups de vols nocturnes de ses marchandises.

 

Les plaintes des commerçants sont tombées dans les oreilles du délégué du gouvernement et du coordonnateur des activités internes qui, après enquêtes, ont constaté que les agents de sécurité très âgés de l’époque ne pouvaient mettre la main sur les malfrats qui vont très vite. Après avoir remercié ces agents pour services rendus, Dr Fritz Ntone Ntone a instruit Bernard Yankam de signer un accord de partenariat avec AGES S.A, une société privée de gardiennage qui compte de nombreux jeunes dans ses effectifs. Il n’est pas un seul coin et recoin du marché qui échappe à la vigilance des agents d’AGES, même pas le toit du bâtiment principal du marché où ils sillonnent nuitamment. « Depuis que ces gardiens sont là, je n’entends plus les commerçants se plaindre des vols dans le marché. On souhaite seulement qu’ils continuent à monter la garde parce que les bandits changent parfois de tactiques lorsqu’ils sont coincés », renchérit un autre commerçant.

Dr Fritz Ntone Ntone fixe le cap…

Outre la sécurité, la réforme en cours au sein du marché central a pris en compte le sujet sensible de l’électricité. Il y a quelques années, ce marché était en flammes en plein mois de décembre. Le bilan de l’incendie causé par des branchements frauduleux fût lourd avec d’énormes pertes matérielles. Aujourd’hui encore, certains des commerçants dont les boutiques ont été léchées par les flammes occupent des caisses précipitamment installées sur la chaussée entre le lieu-dit Carrefour Anatole et le Gazon.  Malgré cet incident, les branchements frauduleux ont continué à prospérer avec par endroit, un compteur pour alimenter une dizaine de boutiques. A ce rythme, le danger demeurait permanent. Sous l’impulsion du délégué du gouvernement, Bernard Yankam siffle la fin de la recréation en signant un partenariat avec ElecPlomb S.A, une société spécialisé dans l’électricité moyenne et basse tension.

Casque vissé sur la tête, un agent de cette société qui a requis l’anonymat a fait savoir que les installations électriques trouvées à leur arrivée prédestinait ce marché à un autre incendie, de grande envergure cette fois. «Les fils de courant étaient par endroits hasardement disposés de telle sorte qu’à tout moment, ils pouvaient lâcher surtout qu’il y a avait surcharge sur les lignes », a-t-il souligné. Bernard Yankam a senti le danger à temps. Il a suggéré l’opération «une boutique un compteur» qui permet non seulement d’éviter durablement les cas d’incendie mais également de contrôler les consommations de chaque boutique en toute sécurité. Selon des commerçants rencontrés, cette opération rencontre une forte adhésion sur le terrain.

Le calvaire des commerçants du marché central s’étendait jusqu’à la fourniture de l’eau potable. Les anciens responsables avaient brillé par une gestion calamiteuse qui avait contraint la société en charge de la distribution de l’eau potable à interrompre l’approvisionnement du marché central. Sur ces entrefaites, commerçants et usagers ruaient sur les sources d’eau de qualité douteuse comme des puits mal entretenus pour soit étancher leur soif ou aller au petit coin. Une situation désastreuse qui a causé des cas de maladies hydriques parmi ces consommateurs. «On payait les jeunes gens pour aller puiser l’eau dans les bidons au quartier. C’était vraiment pénible. On ne gagne pas beaucoup et on doit encore acheter de l’eau, pas facile. Parfois, je venais avec des bouteilles pleines d’eau qui me permettaient de tenir toute la journée», se confie un homme âgé, devant un morceau de planche rempli de kolas.

…Bernard Yankam exécute la volonté du délégué sur le terrain.

Après avoir passé au peigne fin le passif du marché, le coordonnateur des activités internes, sur les conseils du Dr Fritz Ntone Ntone, a entamé les négociations avec la société chargée de la distribution de l’eau. La suite, c’est le liquide précieux qui coule à nouveau dans l’un des plus grands marchés de la ville de Douala. « Comment les gens peuvent vivre sans eau, est-ce normal ? », s’interroge un commerçant. « Vous voyez l’électricité est réparée, l’eau est revenue, il y a la sécurité, c’est ce qu’on demande à nos dirigeants de faire c’est-à-dire être à l’écoute de la population ».

Le délégué du gouvernement est en train d’améliorer les conditions de vie au marché central de Douala. Pour autant, Dr Fritz Ntone Ntone n’est pas au bout de ses défis. Il doit appliquer la même recette sur d’autres marchés de la ville qui croulent sous le poids de l’insalubrité, l’absence d’hygiène et l’insécurité.