Des riverains de la Socapalm disent non à la monoculture industrielle

Les membres de la synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun se sont prononcés contre ce type de culture à travers des manifestations publiques.

Environ 300 personnes vêtues aux couleurs de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun(Synaparcam) prennent d’assaut la salle Duca hall de la localité de Souza, à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique. Ce 21 septembre 2017, Emmanuel Elong, président de la Synaparcam et ses camarades prennent part à une table ronde à laquelle ils ont convié des observateurs et experts sur les questions de la monoculture industrielle.  Un panel qui va éclairer la lanterne des participants sur la thématique à savoir  les conditions d’une intégration réussie entre Socapalm Nouvelle gestion et les communautés locales et se pencher sur les perspectives de lutte contre cette menace.

En présence des autorités administratives, municipales et de maintien de l’ordre des arrondissements de Fiko et Dibombari, à tour de rôle, les participants dressent des listes de violations des droits de l’homme par la société des palmeraies du Cameroun(Socapalm). « La Socapalm a envahi tout notre espace vital »,  dénonce une cultivatrice. « Cette société a planté ses palmiers devant ma case, où point que je n’ai plus une cour. Si mon fils qui est en ville voudrait un jour au village pour se construire une maison, ce ne sera pas possible puisque tout l’espace est confisqué par la Socapalm ».

La Socapalm était représentée à la table ronde par le responsable des ressources humaines et administratives de la plantation de Dibombari. Ce dernier a pris la parole pour dire qu’il n’était pas autorisé à s’exprimer mais à prendre des notes.  « Le représentant de socapalm n’était pas à la hauteur du débat car il n’avait des arguments solides pour un tel débat », croit savoir un membre de la Synaparcam dans la salle.

En matinée, un peu plus de deux cent membres de la Synaparcam avaient déjà fait une démonstration de force à travers une marche pacifique de 3 km dans les blocs F5, E4 et E5 des plantations Socapalm Dibombari à Mbonjo I. Cette marche présidée par les chefs des villages Mbonjo I et II a permis aux riverains de marquer par exemple une escale à la rivière Mboma, ce cours d’eau où des excréments humains venant des campements de la Socapalm avaient été déversés par un sous-traitant de l’entreprise il y a quelques années, polluant l’eau utilisée par les riverains pour la consommation.

Ce souvenir douloureux est intervenu au moment où la Synaparcam commémorait la journée de lutte contre la monoculture industrielle.  Née au Brésil en 2014 à la suite des mouvements de revendications des communautés impactées par les accaparements des terres par les plantations industrielles, cette journée de lutte est célébrée dans plusieurs pays du monde où les riverains sont victimes de l’accaparement des terres par des géants de l’agro-industrie.