Transport aérien: Mort en direct de la Camair-Co

La compagnie nationale aérienne se meurt dans l’indifférence totale

Trois avions sur cinq de la flotte sont cloués au sol depuis plus de quatre mois à cause de la maintenance approximative et de l’incapacité notoire du Dg à négocier avec les fournisseurs des pièces détachées. La mise en épave du Boeing 767-300ER «le Dja», principal avion de la compagnie, est programmée.

Toutes les escales des réseaux régional et intercontinental sont fermées. La chute drastique et vertigineuse des recettes annonce une inévitable cessation de paiement.

L’organisation est complètement désarticulée à cause d’une vision managériale illisible et incompréhensible. Autant d’errements dont les heureux bénéficiaires sont aujourd’hui Air France, Turkish Airlines, Ethiopian Airlines et très bientôt Émirates, l’ancien employeur d’Ernest Dikoum ! Décryptage des incongruités de gestion du nouveau management de Camair-Co.

En 1980, un cinéaste de renommée internationale, Bertrand Tavernier, produit un film avec un titre assez évocateur : «la mort en direct». Le scénario de ce film décrit l’histoire d’un homme qui a vendu les droits de sa mort médicalement diagnostiquée, à une émission de télévision. Une caméra a été greffée dans son cerveau pour permettre aux téléspectateurs de cette chaine de télévision de vivre en direct le déroulé de sa mort de l’intérieur de son cerveau.

Ce scénario ressemble étrangement à ce qui se passe à la Camair-Co depuis la nomination de l’équipe managériale Mefiro Oumarou/Ernest Dikoum. Votre journal a placé sa caméra dans le dispositif managérial de la Camair-co pour faire vivre désormais en direct à ses lecteurs toutes les étapes de la mort programmée de la compagnie aérienne nationale. Une mort qui semble se dérouler dans l’indifférence totale.

En quelques six mois, le nouveau management a franchi le Rubicon. La situation financière et organisationnelle de la compagnie s’est considérablement détériorée au point où l’on se demande comment elle pourrait être remédiée. Le chiffre d’affaires mensuel caracole aujourd’hui autour de 200 millions de Fcfa contre les 2,5 milliards de Fcfa en moyenne réalisés par ses prédécesseurs. Dans les allées de la Direction générale à Bonanjo, l’on n’est plus avare en parole sur les clignotants de la compagnie qui sont passés du jaune au rouge vif ! «Notre compagnie, ressasse le personnel, fonce tout droit vers une cessation de paiement. La subvention sollicitée au ministère des Finances n’est plus celle d’équilibre pour combler le déficit d’exploitation, mais plutôt une subvention totale de l’activité, au regard des recettes devenues anormalement chétives». «Nous ne savons pas combien de temps la compagnie va encore tenir. Le Dg a confié à ses proches qu’il ne sait pas quand le prochain salaire sera réglé. Il leur aurait même conseillé de gérer parcimonieusement le salaire du mois de janvier qu’ils viennent de percevoir grâce à un déblocage d’urgence du ministre des Finances», s’inquiète davantage le personnel.

Dernier événement en date et qui renforce la conviction du personnel sur l’organisation imminente des funérailles du transporteur aérien national, la signature annoncée des accords aériens avec les Emirats Arabes Unis.A cet effet, une délégation camerounaise conduite par le ministre des transports, Alain Mebe Ngo et comprenant entre autres, Ernest Dikoum, directeur général de Camair-Co, Paule Assoumou Koki, directeur général de l’Autorité civile aéronautique du Cameroun (Ccaa) s’est rendue du 06 au 09 mars 2017 à Riyad. Au menu, l’octroi des droits de 5è liberté aux compagnies aériennes des Emiratis, notamment Emirates, et très certainement Etihad.

«Vous vous rendez compte ! La 5ème liberté permettra à Émirates et même à Etihad non seulement de transporter des passagers des pays de la sous-région à destination de Dubai, pire, Émirates pourra également assurer les lignes Douala-Lagos-Douala, Douala-Libreville-Douala, Douala-Njamena-Douala, etc.», s’insurge un cadre de la direction commerciale. Et de s’interroger : «Pourquoi ne pas accorder à Emirates les mêmes droits octroyés à Air France, SN Brussels et Turkish Airlines qui nous desservent sous les droits de 4ème liberté, qui n’autorisent pas à desservir les escales environnantes pour faire le plein de leurs avions avant de repartir chez elles ?»

Navigation à vue

L’actuel top management de Camair-co a été nommé le 22 août 2016 avec pour mission précise l’implémentation du Plan Boeing Consulting validé par le Chef de l’Etat. Ce plan a fait rêver plus d’un Camerounais de voir enfin l’Etoile du Cameroun briller davantage dans le ciel africain et Intercontinental. La firme Boeing avait préconisé l’acquisition de neuf avions entre 2016 et 2018 afin de porter la flotte de la compagnie nationale à 14 aéronefs. Le constructeur américain avait aussi proposé l’utilisation de ces aéronefs dans un réseau à déployer d’ici 2019, comprenant 27 destinations dont 5 Intercontinentales parmi lesquelles, outre Paris(France), Bruxelles (Belgique), Dubaï (Emirats Arabes), Ganzhou (Chine) et Washington (USA).

D’autre part, Boeing a préconisé la densification des dessertes existantes, tout en ouvrant de nouvelles afin de booster l’activité de la compagnie et améliorer substantiellement le chiffre d’affaires en le portant à près de 125 milliards de Fcfa au bout de la première année de mise en œuvre du plan. «Quant au personnel, Boeing, au terme de son évaluation, a vivement recommandé non seulement le maintien des effectifs en place, mais en plus, le recrutement progressif d’environ 300 agents d’ici fin 2018. Il n’a donc jamais été question de procéder à un quelconque licenciement du personnel», clame-t-on du côté de la direction des ressources humaines.

Malheureusement, aussitôt après leurs prises de fonction, Mefiro Oumarou et Ernest Dikoum vont amorcer un virage à 180°et poser une succession d’actes de gestion qui conduisent aujourd’hui Camair-co tout droit au cimetière. Sous le prétexte du respect de la réglementation, Ernest Dikoum va immédiatement et sans ménagement se séparer des cadres de l’ex-Camair ayant atteint 60 ans, malgré leurs grandes expériences dans la gestion d’une compagnie aérienne. Et pourtant, ces cadres avaient été spécialement recrutés pour accompagner la compagnie dans son envol par la transmission de leurs expériences aux plus jeunes. C’est ainsi que dans la précipitation, Ernest Dikoum va se séparer, sans solution de rechange, d’environ 60 employés expérimentés qui portaient la compagnie nationale sur les épaules. «Vous vous imaginez ! Après nous avoir chassés comme des malpropres, nos droits n’ont toujours pas été encore payés, d’ailleurs nous avons tous portés plainte pour licenciement abusif», s’insurge un des ex-Camair concerné par la mesure.

Après avoir déstabilisé les ressources humaines, le nouveau top management va s’attaquer au réseau de la compagnie. C’est ainsi, qu’après la fermeture de la ligne de Paris qui pourtant assure environ 70% du chiffre d’affaires, Ernest Dikoum, malgré les réticences affirmées de la direction commerciale de Camair-Co, va également fermer les destinations de Lagos, Malabo, Kinshasa et Abidjan. «Nous venons d’apprendre que les escales de Ndjamena, Brazzaville, Cotonou et Libreville viennent elles aussi de connaitre le même sort. Toutes les destinations régionales et intercontinentales sont maintenant fermées et le réseau de la compagnie aérienne nationale est désormais réduit au seul réseau domestique, Douala, Yaoundé, Garoua, Maroua N’Gaoundéré et Bafoussam», se lamentent des agents de la compagnie.

Garage

Mise en épave programmée des avions

Un avion Camair-co

Sur tout un autre plan, les commentaires vont bon train au sujet des avions cloués au sol depuis plusieurs mois.

Le Boeing 767-300ER le «Dja» ne vole plus. Et pourtant, au moment de la nomination du duo Mefiro Oumarou/Ernest Dikoum, le «Dja», sorti fraichement de grande visite en Ethiopie, où des milliards de Fcfa avaient été dépensés, était en parfait état. Il a d’ailleurs avec satisfaction assuré le Hadj 2016 et par la suite effectué plusieurs vols à l’intérieur du pays. On se demande pourquoi cet avion est cloué au sol depuis un peu plus de quatre mois, sans même pouvoir faire ne serait-ce que quelques tours de pistes, pour les besoins de maintenance.

«La vérité est que le Directeur général, à défaut de pouvoir payer les factures, n’arrive tout simplement pas à négocier avec les fournisseurs de pièces détachées et les loueurs des moteurs. Pourtant, Il suffit tout simplement de discuter avec ces fournisseurs comme le faisaient régulièrement ses prédécesseurs, pour éviter un arrêt aussi prolongé qui risque d’être techniquement préjudiciable à l’appareil», relève-t-on à la direction de la maintenance de Camair-Co. En effet, cet arrêt prolongé du «Dja» inquiète le personnel de la compagnie du fait des normes de maintenance qui doivent être scrupuleusement respectées. «Cet avion devrait déjà être sous la procédure de stockage ! Nous allons le perdre si rien n’est fait», affirme, dépité, un mécanicien d’avion.

Visiblement, le sort de cet appareil ne semble ni préoccuper, ni émouvoir Ernest Dikoum. Il aurait plutôt manifesté à plusieurs reprises le désir d’envoyer le «Dja» en Ethiopie pour qu’on y dépose les deux moteurs dans le but de les remettre à leurs propriétaires. Au lieu de s’atteler à faire voler le précieux aéronef, le directeur général de Camair-Co justifierait, selon ses proches, cette démarche par le souci de réduire les charges de la compagnie. Si tel est le cas, que deviendrait le «Dja» sans moteurs ? Est-ce là une façon de transformer l’avion en épave en Ethiopie, puisque sans moteurs, il ne pourra pas revenir au Cameroun ? Et que manifestement aucune solution de rechange n’est prévue ? «Tout porte à croire que l’option envisagée par le Directeur général de la Camair-Co participe d’une stratégie de mise à mort de la compagnie, entre autres, par l’assassinat de son principal outil de production, le «Dja», sous le curieux prétexte de réduction des charges de l’entreprise», martèle-t-on du côté de la maintenance.

L’assassinat programmé du Boeing 767-300ER le «Dja» en Ethiopie et sa sortie de la flotte va certainement compromettre les chances de Camair-Co d’assurer les opérations du Hajj de cette année. Pourtant, à la direction financière, on rassure que le transport des pèlerins génère chaque année un chiffre d’affaires d’environ 4,5 milliards de Fcfa.

Le Boeing 737 QCB est lui aussi cloué au sol depuis plusieurs mois, également pour défaut de pièces détachées. Sa situation s’empire de jour en jour parce qu’il sert depuis quelques temps de magasin de pièces de rechange à l’autre B737 QCA. Il en est de même pour l’un des deux MA60, le QDB qui, cloué lui aussi au sol depuis des lustres, sert de magasin de pièces de rechange au MA60 QDA. En fait, des cinq avions que compte la flotte de la Camair-Co, il n’y en a que deux qui opèrent. On se demande pour combien de temps.

Stratégie de mise à mort

Du côté des normes internationales de la compagnie, c’est un vrai gâchis. Tout le travail abattu pour arrimer la Camair-Co aux standards internationaux est aujourd’hui détruit. Les certifications Iosa, l’adhésion à Iata, le clearing house, le Mita, le processus de certification TCO et les perspectives d’adhésion à une des Alliances stratégiques, sont désormais dans les oubliettes.

En définitive, à moins qu’il ne s’agisse d’une incompétence notoire et aggravée, les décisions et orientations stratégiques du nouveau management de Camair-Co participent de la mise en œuvre du plan des fossoyeurs que nous avons décriée dans notre précédente édition consacrée à la Camair-co, qui consiste à assassiner purement et simplement la compagnie aérienne nationale. Pour preuve, nous assistons à une maintenance approximative des avions immobilisés au sol depuis quelques mois, à la fermeture de la totalité des représentations africaines et intercontinentales, à la fermeture de certaines agences locales (Hilton et Bonamoussadi), à une baisse drastique du chiffre d’affaires qui oscille désormais autour de 200 millions de Fcfa par mois.

On assiste également au démantèlement des ressources humaines, à une désorganisation des structures en place, et surtout, à la mise aux oubliettes des différents processus de mises aux normes et standards internationaux de la compagnie. Pire, le projet proposé par Boeing dans le cadre du plan de relance est carrément sous l’éteignoir. Pour couronner le tout, la signature à Ryad en Arabie Saoudite des accords relatifs à l’octroi de la 5ème liberté qui ouvrira entièrement le ciel camerounais à Emirates. Ainsi va Camair-Co !

Camair-Co

Une organisation complètement désarticulée

Depuis la nomination du nouveau top management, tout est sens dessus dessous à la compagnie aérienne nationale.

A la Camair-Co, on assiste depuis quelques temps à un spectacle digne des films de Charlie Chaplin. Ernest Dikoum soumet au conseil d’administration un organigramme qui n’a pas été approuvé au motif qu’il devrait revoir sa copie. Non content, le Directeur général procède malgré tout aux nominations du personnel aux postes prévus dans cet organigramme pourtant non validé par le conseil d’administration. Informé, Mefiro Oumarou, le Pca de la compagnie, instruit le Directeur général d’annuler ces nominations. Ernest Dikoum mécontent, passe outre et procède à l’installation du personnel qu’il a nommé.

Dans les couloirs de la direction générale, on affirme qu’au-delà de la non-validation de l’organigramme par le conseil d’administration, les nominations faites auraient une coloration essentiellement tribale. «Les personnes nommées sont majoritairement Bassas comme le directeur général», témoigne-t-on à Camair-Co.

N’empêche ! Ces nominations ont davantage alourdi l’ambiance déjà délétère au sein de la compagnie. Le personnel s’égare dans ce méli-mélo où toute l’organisation est complètement désarticulée. Certains postes de travail chevauchent entre plusieurs directions de cet organigramme qui n’a jamais été rendu public. De même, ces nominations s’apparentent à un règlement de compte voire une chasse aux sorcières contre les hommes qui faisaient la pluie et le beau temps dans le management du prédécesseur d’Ernest Dikoum.
A titre d’illustration, le tout puissant directeur des moyens généraux est rétrogradé au poste de chef service dans la même direction ; même pas chef de département. Plus grave, la direction de la maintenance et celle de l’exploitation sont rabaissées en départements. De nouveaux chefs de départements ont été installés et les directeurs qui occupaient ces postes forcés de passer le service, malgré l’injonction du Pca, Mefiro Oumarou, d’interrompre le processus. Pourtant, ces directeurs limogés sont des responsables désignés selon les exigences de la réglementation dans l’aéronautique civile.

Le problème dans le désordre actuel est que, non seulement l’organigramme n’est pas approuvé donc pas valable, mais les personnes nommées ne sont pas acceptées par l’Autorité aéronautique. Il s’agit là d’une double violation d’une part des lois en vigueur en matière de gestion des sociétés parapubliques et d’autre part du non-respect de la règlementation de l’aéronautique civile. «Dans ces conditions, que se passera-t-il en cas d’incident ou même d’accident ? Qui répondra à Camair-Co au plan réglementaire ?», s’étonne-t-on dans les couloirs de la direction générale.

Paradoxalement, il y a actuellement un chevauchement de deux organigrammes, dont celui non encore approuvé connait un début de mise en œuvre, qui crée un désordre indescriptible au sein de la compagnie. Par exemple, la direction de la maintenance disposait de quatre départements. Aujourd’hui, le nouvel organigramme, rétrograde cette direction en département. Un nouveau chef de département y a été nommé sans que les nouveaux chefs de services ne le soient. Du coup, les quatre anciens chefs de départements se tournent les pouces au quotidien. Tout ce désordre se déroule sous les yeux de Paule Assoumou Koki, Dg de la Ccaa, gendarme de la réglementation.

Entre temps, c’est l’oisiveté qui gagne du terrain au sein de la compagnie nationale. La plupart des employés passent le clair de leur temps à ne rien faire. « Nous n’avons aucune lisibilité sur la vision du Directeur général, ce qui nous réduit à l’oisiveté. Le Directeur général, quand il n’est pas en mission, passe le clair de son temps à accorder de l’importance aux choses qui n’ont rien à voir avec l’augmentation des recettes de la compagnie. Que peut-on faire avec un chiffre d’affaires de 200 millions de Fcfa par mois lorsqu’on a des charges mensuelles de plus 3 milliards de Fcfa ?», s’étonnent les employés de la compagnie.

Du côté de la direction de la maintenance, on est également perplexe : «C’est ridicule quand le Directeur général déclare que c’est tant mieux que les avions soient cloués au sol, ça permet de faire les économies. Il se trompe énormément puisque quand les avions sont en arrêt d’activité et ne volent pas, les frais de location des avions et des moteurs dus restent identiques. Le compteur des butées de visites techniques «Check-C» tourne, les assurances évaluées à près de 400 millions de Fcfa par trimestre ne changent pas. Notre Directeur général fait une grave erreur de penser faire des économies quand les avions sont cloués au sol. C’est cette curieuse idée qui l’amène à penser qu’enlever les moteurs du Dja pour les rendre à ses propriétaires pourraient faire réduire les charges».

Camair-Co est aujourd’hui réduit à n’opérer que sur le réseau domestique. A quoi vont servir les cinq avions dans un réseau domestique ? On se rappelle qu’avec trois avions, tous les prédécesseurs d’Ernest Dikoum ont pu opérer sur les réseaux domestique, régional et intercontinental. L’arrivée des MA60 avait pour objectif de stabiliser l’activité et le chiffre d’affaires en attendant l’arrivée des avions proposés par le plan Boeing pour l’envol de la compagnie. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, en quelques six mois seulement, la Camair-Co en soit arrivée à n’exploiter que le réseau domestique ? Comment en est-on arrivé là ? Pourtant, depuis la nomination du nouveau top management, le montant total de la subvention versée par le gouvernement serait d’environ 21,5 milliards de Fcfa, dont 11,5 milliards à travers la Caisse de Stabilisation des Prix de Hydrocarbures (Csph) et 10 milliards par le ministre des Finances.

Incontestablement, le décollage de Camair-Co est, depuis sa création en 2006, plombé par l’activisme des prédateurs de tout bord qui se recrutent dans la haute sphère administrative et politique de l’Etat. Ces prédateurs multiplient des stratagèmes pour que Paul Biya ne puisse pas laisser aux Camerounais une compagnie aérienne de premier ordre avec une flotte supérieure à celle laissée par son prédécesseur. Sinon, comment expliquer le limogeage de l’ex top management, le duo Edouard Akame Mfoumou/Jean-Paul Nana Sandjo alors qu’il était, d’après des experts de l’aviation civile, à deux doigts de la mise en œuvre de l’ambitieux plan de relance de Boeing Consuting ?

Aujourd’hui, c’est la pagaille au sein du top management de la compagnie. Entre le Pca Mefiro Oumarou et le Dg Ernest Dikoum, ce n’est pas le grand amour mais plutôt une collaboration entachée de suspicion et de délation. Le Dg brille par une insubordination manifeste vis-à-vis de son Pca et n’obéit qu’à Edgar Alain Mebe Ngo’o.

De la même manière, il est de notoriété publique qu’entre le Ministre des Transports par ailleurs Tutelle technique de Camair-Co et le Ministre délégué aux Transports par ailleurs PCA de Camair-Co, c’est la guerre ouverte. Et la proximité supposée entre Ernest Dikoum et Edgar Alain Mebe Ngo est venue davantage envenimer ce climat déjà morose.

Dans cette confusion totale, le plan Boeing Consulting destiné à la relance de la Camair-Co est purement et simplement mis au placard. Il reste constant que même un brillant sujet aurait eu des difficultés à mettre en œuvre un projet qu’il n’a pas conçu. A plus forte raison Ernest Dikoum dont les compétences sont discutables. Après bientôt sept mois de gestion, le nouveau Dg de Camair-Co a prouvé qu’il dispose de très peu de connaissances dans la gestion d’une compagnie aérienne.

Source: L’independant